Groupe Almadina Concept

Groupe Almadina Concept

05.05.2010 - A Méditer . En France - Retraite : Les Ministres devront montrer l'exemple

La Rubrique – Evénements :

 

A Méditer :

 

 

En France :

Retraites : les Ministres devront

montrer l'exemple

 

Les membres du gouvernement devront bientôt perdre un avantage important. Tant qu'ils seront en charge, ils ne pourront plus cotiser pour leur retraite de parlementaire.

 

 

«Vous voulez une copie de ma fiche de salaire ? Cela ne me pose aucun problème, vous savez. Je n'ai rien à cacher !» Nathalie Kosciusko-Morizet a posé devant elle son bulletin de paie. Elle le détaille ligne à ligne et fait une découverte. «Je ne m'étais jamais rendu compte que je cotise à deux régimes de retraite différents», s'étonne la secrétaire d'État à l'Économie numérique.

En tant qu'ancienne députée de l'Essonne, NKM cotise en effet à la caisse de retraite de l'Assemblée nationale qui prélève chaque mois 1 171 euros sur son salaire. En tant que ministre non fonctionnaire, elle participe aussi au régime général. À ce titre, 731 euros lui sont prélevés chaque mois par la Cnav et l'Ircantec, la caisse complémentaire des contractuels de la fonction publique.

Nathalie Kosciusko-Morizet s'étonne. Mais elle n'est pas un cas isolé. Comme elle, beaucoup de ministres non fonctionnaires et ayant cédé leur siège de parlementaire à leur suppléant pour entrer au gouvernement cotisent à deux régimes simultanément. Combien sont-ils ? Une vingtaine, la moitié du gouvernement. Parmi eux, François Baroin, Luc Chatel, Hubert Falco, Nadine Morano… Michèle Alliot-Marie, 63 ans, a une place à part. Ministre depuis 2002, élue et réélue dans les Pyrénées-Atlantiques depuis 1988, elle touche déjà sa retraite de député. «La ministre a liquidé ses droits en 2007», explique un conseiller de la garde des Sceaux.

Comment se fait-il qu'un ministre puisse continuer à acquérir des droits à retraite au titre d'une fonction - celle de député ou de sénateur - qu'il a pourtant mise entre parenthèses pour entrer au gouvernement ? C'est une bizarrerie du système. Une bizarrerie que vient tout juste de découvrir le ministre du Travail et de la Solidarité en charge de la réforme des retraites, Éric Woerth.

Confortables avantages   

 

Dès qu'il lâche son siège de parlementaire, le nouveau ministre reçoit une lettre des services de l'Assemblée et du Sénat dans laquelle il lui est demandé s'il souhaite continuer à cotiser «volontairement» à la caisse de retraite de l'Assemblée ou du Sénat. Compte tenu des confortables avantages que procurent ces régimes, la totalité des ministres répondent par l'affirmative. C'est ce que s'apprête à faire François Baroin, le nouveau ministre du Budget : «Je vais continuer à cotiser à l'Assemblée», confie-t-il. Comme lui, beaucoup ignorent en revanche qu'ils cotiseront aussi au régime général.

 

Éric Woerth souhaite corriger ces anomalies. Très bientôt, un ministre ne pourra plus cotiser pour sa retraite de parlementaire. «C'est une situation qui dure depuis des décennies et qu'aucun gouvernement n'avait remise en cause. Nous le ferons», affirme Woerth.

 

Qu'en pensent les ministres parlementaires, premiers concernés ? Depuis plusieurs jours, certains se disent favorables à la réforme du régime des retraites des parlementaires qu'Éric Woerth appelle de ses vœux. «Il faut réformer tout cela. Il faut tout mettre sur la table», dit Nathalie Kosciusko-Morizet. François Baroin, parlementaire durant dix-huit ans, est sur la même ligne : «Il est incontestable que le régime des parlementaires devra évoluer. Je n'ai aucun doute sur le fait que les présidents de l'Assemblée et du Sénat proposeront des évolutions allant dans ce sens.»

 

Mais, comme tous leurs collègues, Baroin et NKM ignorent que les règles qui leur sont appliquées vont changer bien plus qu'ils ne l'imaginent. En fait, seul Georges Tron, le secrétaire d'État à la Fonction publique, a été mis dans la confidence par son ministre de tutelle Éric Woerth. Il a même pris les devants. «J'ai reçu, confie l'élu de l'Essonne, le papier de l'Assemblée nationale et j'ai répondu que je ne souhaite plus cotiser pour ma retraite de député.» Sage précaution.

Source : Le Figaro



05/05/2010
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1691 autres membres