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11.04.2009 - Le Consommateur : Il faut s'attendre à une déflation des prix

La Rubrique – Le Consommateur :

 

« Il faut s’attendre à une

déflation sur les produits

alimentaires en 2009 »

Malgré la crise et la chute des cours des

matières premières, le prix de l'huile a augmenté de

 8,4 % entre janvier 2008 et janvier 2009.

 

Malgré la crise et la chute du cours des matières premières, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 2 % par rapport à janvier 2008, selon une étude du cabinet Nielsen (lire aussi « Les prix des produits de première nécessité repartent à la hausse »). L’inflation atteint même des pics de plus de 10 % pour les pâtes (+10, 8 %), le riz (+11,2 %) et l’huile (+8,4 %). Selon Nicolas Bouzou, directeur de la société d’études économiques Asterès, la baisse du prix des matières premières commence à peine à se répercuter sur les prix à la consommation et il faut s’attendre à une déflation dans les prochains mois.

Comment expliquez-vous que la hausse des prix se poursuive en pleine crise économique et alors que les cours des matières premières chutent ?

Il y a deux éléments à prendre en compte. D’une part, ces chiffres sont établis sur un an, c’est-à-dire qu’on compare janvier 2009 par rapport à janvier 2008, or la crise économique — et donc la chute des matières premières — date de l’été 2008. Elle s’est déclenchée un peu tard pour avoir un impact sur des chiffres annuels. Mais si on regarde l’évolution des prix à la consommation, et notamment celui des produits alimentaires frais, non pas sur un an mais sur un mois, par exemple entre novembre et décembre, on constate plutôt une baisse.

Le deuxième élément à prendre en compte est que le prix des matières premières se diffuse lentement dans le circuit économique. Entre le moment où le prix du blé est divisé par deux sur un marché à terme et le moment où les consommateurs constateront une baisse de prix dans les magasins, il peut s’écouler six mois. Il faut que les prix baissent au niveau de l’agriculteur, au niveau de l’industriel et enfin au niveau des distributeurs.

Les consommateurs ont parfois l’impression que les hausses des cours des matières premières se répercutent plus vite que les baisses…

En effet, ça n’a pas de sens et c’est un point qu’il faut surveiller. Les entreprises sont en effet plus performantes pour répercuter les hausses que les baisses, surtout dans une période où elles veulent défendre leurs marges.  Je n’ai pas de doute que les prix vont baisser dans les prochains mois, mais il faut veiller à ce qu’ils ne baissent pas trop lentement. Ça c’est le boulot des associations de consommateurs.

Selon le gouvernement, les prix ont déjà commencé à baisser de 0,5 % ces derniers mois. A quoi faut-il s’attendre pour cette année ?

Sur les produits alimentaires, il faut s’attendre à une déflation. Cette crise économique se traduit par une forte baisse de la demande au niveau mondial. Il faut ajouter à cela qu’une bulle spéculative s’était formée et avait atteint son paroxysme au milieu de l’été 2008 sur beaucoup de matières premières. Tout ceci a volé en éclat. Aujourd’hui, les chutes des cours sont extrêmement fortes, le prix de certaines matières premières a été divisé par deux ou trois. Tout ceci va nécessairement se répercuter sur les prix à la consommation.

Dans le détail, les prix des grandes marques augmentent de 0,45 %, alors que les « premiers prix » grimpent de 5,2 %...

C’est logique. Les grandes marques ont perdu des parts de marché ces dernières années au profit des marques de distributeurs ou plus généralement des produits d’entrée de gamme. Les distributeurs et les industriels devaient donc faire un effort pour ne pas perdre davantage de parts de marché. Les grandes marques sont celles qui génèrent le plus de marges, les industriels devaient donc faire un effort.

La loi Chatel de 2008 sur les « marges arrière » devait faire baisser les prix. A-t-elle déjà eu des effets ?

En principe oui. De toute façon il fallait faire cette réforme des « marges arrière » qui était un système inflationniste. Si on n’avait pas eu cette loi, on aurait eu des hausses de prix encore plus importantes…

Source : Le Monde

 



11/04/2009
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