Almadina Concept

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14.12.2009 - La Pollution : Crimes contre la nature

La RubriqueLa Destruction Durable :

 

La Pollution :

 

Crimes contre la nature

 

Au Maroc, la situation en matière de déchets industriels a atteint un seuil dramatique manifesté par l'insuffisance de la collecte et du recyclage ainsi que par l'absence de décharges contrôlées dans la plupart des agglomérations urbaines.

 

Alors que les déchets industriels deviennent un problème de santé publique, il est surprenant de constater qu'il n'existe pas encore un inventaire national de ces matières. L'évacuation de ces produits pose pour les collectivités locales de très sérieux problèmes, tant pour la collecte que pour l'emplacement des décharges sauvages qui deviennent de plus en plus vastes avec l'extension des villes.

L'industrie nationale produirait près d'un million de tonnes de déchets annuellement, dont 10 à 15% considérés dangereux. La répartition de ces déchets montre que la région du Grand Casablanca engendre environ 42% des déchets industriels et 47% des déchets industriels dangereux. «Au Maroc, la situation en matière de déchets industriels a atteint un seuil dramatique manifesté par l'insuffisance de la collecte et du recyclage ainsi que par l'absence de décharges contrôlées dans la plupart des agglomérations urbaines. Si les quantités des déchets ménagers et leur composition sont assez bien connues grâce aux nombreuses études réalisées dans ce domaine, il n'en est pas de même pour les déchets industriels. En dehors des estimations de production à l'échelle nationale, on ne dispose ni de chiffre au niveau régional, ni de chiffre par secteur économique, sauf pour la zone de Casablanca», indique Latifa Mouhir, professeur à la faculté des sciences et techniques, Université Hassan II et présidente de l'association Medwem qui organise les 17 et 18 décembre à Mohammedia un colloque sur le thème «Déchets industriels au Maroc, risques et solutions» en partenariat avec deux autres associations françaises: Rudologia et Savoir & Développement.

La crise écologique et la prise de conscience qui s'en est suivie dans le monde a incité les chefs d'entreprises étrangers à opter pour une gestion rationnelle de ces déchets, il n'en est pas de même chez nos patrons. Ces derniers refusent toujours de s'engager dans la voie de la certification environnementale ISO 14001. A Mohammedia, deux sociétés seulement possèdent ce label. Quant au Fonds de dépollution industrielle (FODEP), financé par la coopération financière allemande, il a pour le moment agréé 92 projets de dépollution dont 43 ont été réalisés.


Pour ce qui est du contexte juridique, le Parlement a adopté en 2006, la loi 28-00, relative à la gestion des déchets et à leur élimination, mais elle connaît un retard dans sa mise en oeuvre. Pour l'instant, seuls deux décrets d'application ont vu le jour. Le premier est lié à la classification des déchets tandis que le deuxième concerne les Déchets d'activités de soins à risque infectieux (DASRI). Quant au projet du Centre national d'élimination des déchets spéciaux (CNEDS), les études sont toujours en cours.

C'est dans ce contexte, que des projets pilotes sont engagés. «Avec l'association des opérateurs économiques des zones industrielles de Sidi Bernoussi (IZDIHAR) et le Programme d'appui aux associations professionnelles (PAAP) de l'Union européenne, nous réalisons une étude sur la gestion des déchets industriels de ces zones. L'objectif de cette étude qui est une première au Maroc est de connaître l'état des lieux de la gestion des déchets solides provenant de différentes activités industrielles, et identifier les modes et filières de valorisation et traitement pour une gestion écologique durable de ces déchets», souligne Abdelaziz Mrani, conseiller technique à la Coopération technique allemande (GTZ).

Toujours dans le cadre du projet IZDIHAR et en vue d'introduire les principes de la Gestion environnementale profitable (GEP), il y aura le lancement le 25 décembre d'un premier cycle de formation au profit d'un premier groupe de 7 entreprises de cette zone qui durera environ 6 mois. «Nous nous attendons à la fin de ce cycle à la réalisation au sein de ces entreprises de projets concrets leur permettant de faire des bénéfices économiques substantiels grâce à des actions de protection de l'environnement (réduction des déchets industriels, de la pollution liquide et gazeuse) et de gestion rationnelle des matières premières et de l'énergie», conclut M. Mrani.

Source : Le Matin

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La méthode Harvard :

 

Les responsabilités environnementales des institutions dans le contexte des pays en voie de développement interpellent de grandes capacités des personnes et des organisations en matière de négociation. En vue de contribuer au renforcement des capacités dans ce domaine, une formation sur la négociation constructive dans le domaine de l'environnement, basée sur la méthode Harvard a eu lieu dernièrement à Marrakech. Ont pris part à cette formation, des experts nationaux de la coopération technique allemande (GTZ) au Maghreb (Maroc, Tunisie et Algérie) et des institutions partenaires de la GTZ au Maroc ayant des missions environnementales: secrétariat d'Etat à l'Eau et l'Environnement, Agences de bassins hydrauliques, Chambres de commerce, d'industrie et de services, et préfectures.

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Repères :

 

8.000 unités

 

Selon des chiffres officiels, il existe au Maroc quelque 8.000 unités principalement des micro, petites et moyennes entreprises dont une grande partie se trouve dans le Grand Casablanca.

 

Broyage

 

Il existe une vingtaine d'unités de broyage et de stérilisation des déchets médicaux et le groupe Holcim Maroc propose aux industriels un service d'élimination de déchets spéciaux.

 

Service

Le groupe Lafarge propose ce même type de service dans sa cimenterie de Bouskoura.



14/12/2009
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