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28.01.2010 - Le Développement Durable : Peut-on avoir confiance quand on donne à des ONG?

La Rubrique – Le Développement Durable :

 

Peut-on avoir confiance quand

on donne à des ONG ?

Lors de catastrophes très médiatisées se pose souvent la question de l’utilisation des dons aux associations. Il est très difficile aujourd’hui de savoir à combien s’élèvent les dons, au niveau mondial, pour Haïti. L’ONU a seulement indiqué cette semaine que les promesses de dons s’élevaient à 1,2 milliard d’euros, sans en préciser les destinataires. Lors du tsunami de décembre 2004 en Asie du Sud-Est, 13 milliards d’euros avaient été récoltés. Une somme pharaonique que certaines associations avaient choisi de réaffecter à d’autres causes, provoquant la polémique et la méfiance. Une semaine après le tsunami, Médecins sans frontières, qui gère des situations d’urgence, avait très vite vu qu’elle ne pourrait pas utiliser tout l’argent récolté. Elle avait alors demandé l’arrêt des dons, la possibilité de les réaffecter à d’autres causes ou proposé un remboursement (seuls 0,02 % des donateurs l’avait demandé). Sur les 110 millions d’euros qu’elle avait recueillis dans le monde (dont 10 millions sur la France), elle avait utilisé 24 millions pour le tsunami, le reste servant à d’autres actions.

Cette situation ne devrait cependant pas se reproduire en Haïti, en tout cas pas à la même échelle. Si dans les deux cas il s’agit de catastrophes naturelles, leurs conséquences et les besoins qui en découlent ne sont pas les mêmes. “Le tsunami avait vu un grand nombre de morts, fait remarquer Rémi Obert, directeur financier de MSF. En Haïti s’ajoutent de très nombreux blessés, donc des besoins plus importants en actions médicales”, la spécialité de MSF. De plus, de nombreuses ONG sont présentes depuis de nombreuses années en Haïti, où la situation sanitaire laissait déjà à désirer. Là où le tsunami n’avait demandé qu’une aide médicale d’urgence, les associations médicales devront rester à Port-au-Prince pour continuer de pallier un système de santé déficient. Les fonds donnés pour Haïti, même s’ils ne sont pas utilisés dans l’urgence, seront donc plus sûrement utilisés sur la durée.

Reste que les associations comme Action contre la faim demandent aux donateurs de ne pas affecter de manière exclusive ce qu’ils offrent afin de pouvoir notamment renflouer leurs fonds de roulement. Lesquels sont très largement sollicités lors d’actions d’urgence exceptionnelles comme le tremblement de terre haïtien. Pour le moment, une association comme MSF a déjà engagé plus de 10 millions d’euros pour le premier mois d’action à Haïti. Soit un dixième de son budget global.

Moins de dons que pour le tsunami

De plus, si les dons ont semblé très importants dans les premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre (car effectués par Internet), ils ne devraient pas atteindre le montant record du tsunami. “Vue la tendance de ralentissement des dons pour Haïti on ne devrait pas dépasser 100 millions d’euros en France”, évalue Antoine Vaccaro, président du Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie. En France, pour le tsunami, ils s’étaient élevés à 288 millions d’euros.

Enfin il convient de nuancer la vision négative de la gestion des dons pour le tsunami. La Cour des comptes n’avait pas relevé de détournements. Elle avait, dès son premier rapport, en janvier 2007, validé les comptes des 32 associations contrôlées même si elle avait émis des recommandations à neuf d’entre elles et des réserves pour huit autres. Mais il ne s’agissait que de réaffectations de dons. Si la Cour soulignait que ces dons restaient dans le cadre d’actions humanitaires, elle déplorait cependant que ces changements aient parfois été réalisés sans l’accord des donateurs. La Cour avait enfin fait remarquer qu’une grande partie des sommes n’avait pas été utilisée un an après la catastrophe. Une situation qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant selon les spécialistes : “Une ville peut-être détruite en cinq minutes mais elle se construit en des dizaines d’années”, fait remarquer Antoine Vaccaro.

Autre raison d’être confiant lorsque l’on donne à de grandes associations reconnues (comme le conseille l’UFC-Que choisir) : leur image vis-à-vis du public. Si elles ne veulent pas voir leurs financements se tarir, elles doivent être le plus transparentes possible. “De façon générale, je serais moins confiant du côté des aides publiques au développement”, souligne Antoine Vaccaro.

Source : Le Monde



28/01/2010
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