Almadina Concept

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30.04.2009 - L'Environnement : Le danger des espèces envahissantes

La Rubrique – L'Environnement :

 

Le danger des espèces envahissantes

 

Célébration, le 22 Mai, de la Journée Internationale de la Biodiversité

 

La flore et la faune d'une région donnée sont en constante évolution: des espèces se raréfient ou disparaissent, d'autres les remplacent, soit spontanément par une extension de leur aire de répartition, soit lors d'une introduction volontaire ou involontaire par l'Homme.

On les appelle des espèces invasives car elles se comportent comme des envahisseurs dans une nouvelle région. Les espèces invasives ou envahissantes ont généralement un fort potentiel reproducteur, soit par reproduction sexuée, soit, pour les plantes, par multiplication végétative (bouturage). Ces espèces sont aujourd'hui considérées comme la deuxième cause de perte de la biodiversité dans le monde après la ''destruction des habitats''. Elles appartiennent à des espèces variées: flore, invertébrés, amphibiens, poissons, reptiles, oiseaux, mammifères, etc. D'après une étude publiée en ce mois d'avril dans le magazine scientifique de la Société écologique d'Amérique, le rongeur, ragondin, le poisson ''omble de fontaine'' et la bernache du Canada, une espèce de canard, figurent au top des espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles en Europe. Depuis 2005, 10.922 espèces envahissantes ont été répertoriées par le projet européen «Daisie».

Toujours selon cette étude, les espèces envahissantes coûtent à la Grande-Bretagne 150 millions d'euros pour lutter contre 30 espèces d'herbes exotiques et 3,8 milliards d'euros en récoltes annuelles perdues. Selon les experts, les espèces envahissantes coûtent déjà annuellement 12 milliards d'euros à l'Union européenne (UE). En 2001, cette dernière s'était donné comme objectif de réduire la perte de biodiversité d'ici 2010. Loin de réaliser ce but, la Commission européenne a publié, en décembre 2008, une communication proposant des options pour la mise en place d'une stratégie contre les espèces envahissantes.


Toujours pour alerter le monde contre ce péril, la Convention sur la diversité biologique (CDB) célèbre cette année la Journée internationale de la biodiversité (JIB) sous le thème «Espèces exotiques envahissantes ». L'année prochaine, la JIB sera célébrée sous le thème «Diversité biologique et développement». 2010 est une période spéciale parce que l'Onu l'a déclarée comme l'Année internationale de la biodiversité. Pour sa part, le Maroc n'a pas été épargné par ce danger écologique. Plusieurs espèces ont été introduites dans le pays par le biais du trafic international de marchandises où des graines se sont glissées clandestinement avec des céréales, des minerais, etc. «Dans ce cas, on peut citer l'exemple de la morelle jaune au Maroc.

C'est une mauvaise herbe vivace. Elle a envahi toutes les régions agricoles grâce à sa grande capacité de dissémination par portions de racines et par graines.


Dans le périmètre irrigué de Tadla, la lutte contre cette plante dans les champs cultivés coûte annuellement des centaines de millions de dirhams», indique Seddik Saidi, chef du département de l'amélioration et de la conservation des ressources génétiques à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Rabat. Autre agent perturbateur des écosystèmes: le reboisement d'espaces forestiers, déboisés de leurs essences naturelles autochtones, ne se fait presque jamais par les essences d'origine, pourtant parfaitement adaptées aux conditions climatiques locales. «Au Maroc, ce reboisement se fait par le recours aux espèces exotiques comme le pin d'Alep, le pin maritime, l'eucalyptus et autres... qui ne permettent pas souvent aux essences autochtones, ni à la strate herbacée avec ses différentes composantes végétales et animales de se reconstituer. Dans d'autres cas, l'espèce introduite supplante les espèces et les formations végétales d'origine et devient un agent perturbateur nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes naturels ou semi-naturels parmi lesquels elle s'est établie», souligne M. Saidi.

Dans le cadre de la préservation de la diversité biologique, la lutte contre les espèces invasives fait partie des priorités : méthodes préventives, lutte biologique par l'introduction de prédateurs, lutte mécanique par arrachage des plantes invasives ou encore la lutte chimique, qui comporte de nombreux désavantages car elle est très toxique pour l'environnement. La CBD, ratifiée par le Royaume, stipule que chaque partie contractante « empêche d'introduire, contrôle ou éradique les espèces exotiques qui menacent des écosystèmes, des habitats ou des espèces ». On peut citer également parmi les conventions ratifiées par notre pays, celle de Ramsar, dont la résolution sur les espèces envahissantes et les zones humides, demande, notamment, aux parties contractantes d'étudier les mesures législatives et institutionnelles en vigueur et, au besoin, d'adopter des lois et des programmes pour empêcher l'introduction, sur leur territoire, de nouvelles espèces exotiques dangereuses pour l'environnement et le déplacement ou le commerce de ces espèces à l'intérieur de leur espace.

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La vague verte

La Convention sur la diversité biologique (CDB) a lancé la « Vague verte », une campagne de plantation d'arbres pour des enfants et des jeunes du monde entier qui mènera à 2010, l'Année internationale de la biodiversité. Depuis son lancement, chaque année, la Vague verte contribue à la Journée internationale de la biodiversité (JIB). Elle soutient également d'autres initiatives nationales, internationales de plantation d'arbres telles que la campagne menée par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) pour la plantation d'un milliard d'arbres. Dans les écoles participantes, les élèves plantent un arbre d'une espèce localement importante dans ou près de leur établissement scolaire. L'arbre doit être planté le 22 mai, une date qui correspond à la JIB. Tout au long de cette journée, les étudiants peuvent télécharger des photos et des textes à partir du site internet de « La Vague verte » pour partager leur histoire de plantation d'arbres avec les enfants du monde entier.

Source : Le Matin



30/04/2009
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