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08.08.2009 - Eclairage : Les Italiens s'appauvrissent et l'Etat peine à leur venir en aide

La Rubrique – Eclairage :

 

Les Italiens s'appauvrissent

et l'Etat peine à

 leur venir en aide

A Rome, des familles occupent l'ancien

Institut National Contre le Cancer, le 13 février 2008.

Le rapport annuel sur les revenus et les conditions de vie de l'Institut national de la statistique (Istat) confirme l'appauvrissement des Italiens. Cette enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 20 982 familles (soit 52 772 personnes) en 2006 et 2007. Avant même l'impact de la crise en 2008 et 2009, les chiffres de l'Istat ont été jugé "alarmants" par l'opposition, qui reproche à Silvio Berlusconi de ne pas être "à la hauteur" de la situation.

 

En 2006, le revenu moyen des familles italiennes s'est établi à 28 552 euros, soit 2 379 euros par mois. Comme toujours, c'est au nord et au centre que les revenus annuels ont été les plus élevés (environ 30 000 euros) alors qu'au sud et dans les îles (Sicile et Sardaigne) le revenu médian s'est établi à 23 584 euros. En Italie septentrionale, le revenu moyen d'un couple avec deux enfants est de 46 185 euros, contre 28 909 dans le Mezzogiorno. Les retraités et les personnes seules sont les plus exposés à la pauvreté.

« QUASI PAUVRES »

L'Istat a également interrogé les Italiens sur leur perception de leur niveau de vie en 2007. 15,4 % d'entre eux (contre 14,6 % en 2006) ont déclaré "arriver à la fin du mois avec difficulté". Dans le détail, 5,3 % confessent avoir manqué d'argent pour les dépenses alimentaires (4,2 % en 2006), 11,1 % (10,4 % en 2006) pour les dépenses de médicaments et 16,9 % (contre 18,8 %) pour les dépenses vestimentaires. Enfin, 32 % déclarent être dans l'impossibilité de "faire face à une dépense imprévue de 700 euros".

Cette enquête confirme d'autres études qui concluent à un appauvrissement des Italiens. Le rapport de Caritas et de la fondation Zancan du 15 octobre sur "la pauvreté et l'exclusion sociale en Italie" indiquait que "13 % de la population italienne vit avec moins de la moitié du revenu mensuel moyen, soit 500 à 600 euros par mois". Caritas relève également l'augmentation toujours plus forte des "quasi-pauvres", c'est-à-dire les personnes dépassant le seuil de pauvreté de 10 à 50 euros.

Sur le terrain, les associations qui s'occupent de venir en aide aux plus démunis constatent une dégradation de la situation. Les bénévoles de la communauté Saint Egidio, qui distribuent des repas et de l'aide alimentaire dans toute l'Italie, constatent qu'ils ont désormais à faire à une nouvelle population. "Nous ne distribuons plus seulement l'aide alimentaire à des immigrés ou des personnes qui vivent dans la rue, mais à des gens qui possèdent une maison et des revenus", explique un permanent de la communauté à Rome.

Face à cette situation, les réponses du gouvernement apparaissent modestes. L'Italie est, selon Caritas, un des pays d'Europe dont la politique sociale a le moins d'impact sur la réduction de la pauvreté. Les syndicats craignent que la situation déjà tendue en 2006 et 2007 ait empiré. Le gouvernement met en avant l'attribution depuis le 1er décembre d'une "carte sociale" d'une valeur de 40 euros par mois aux plus démunis pour expliquer que les "mesures sont prises".

Source : Le Monde



08/08/2009
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