Almadina Concept

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12.11.2008 - Le Développement Durable : Renforcement des législations sur l'expérimentation animale

La Rubrique – Le Développement Durable :

La Commission Européenne :

Renforcement des

législations sur

l’expérimentation animale

 

Le 5 novembre, la Commission Européenne a présenté une proposition pour uniformiser et renforcer, au sein des Etats membres, les règles sur l’utilisation des animaux dans la recherche scientifique.

En Europe, la directive actuellement en vigueur sur les animaux utilisés pour l’expérimentation date de 1986. Ce texte, assez peu contraignant, a eu pour effet une grande disparité au sein des pays de l’Union. Pour la Commission Européenne, il est donc temps de réviser son texte.

La nouvelle directive veut s’appuyer sur la règle des 3R : Remplacer, Réduire et (R) affiner. Une formule un peu médiatique qui, pourtant, ne date pas d’hier, puisqu’elle fut énoncée dès 1959 par deux biologistes, W. Russel et R. Bruch.

Des cultures cellulaires remplacent les souris blanches

Le remplacement vise à favoriser les méthodes dites de substitution à l’expérimentation animale. Les nouvelles techniques, qui s’appuient sur la culture cellulaire, la génomique ou la modélisation par informatique, sont, en effet, très prometteuses. Parmi celles-ci, les « biopuces », développées par la société américaine Hurel, sont composées de compartiments contenant des cultures de cellules vivantes, reliés entre eux par des canaux microfluides. Les « biopuces » sont capables de reproduire le comportement d’organes internes du corps humain, comme le foie, les reins et l’estomac. Un double bénéfice est attendu pour ces techniques, permettant, par exemple, de mesurer le temps de séjour d’un médicament, et de pallier aux discordances entre les réactions des molécules observées chez les espèces animales et celles chez l’être humain.
Les progrès de la biologie moléculaire ont également permis d’importantes avancées dans le domaine de
la toxicogénomique
. Cette méthode d’évaluation des risques toxiques se base sur les réactions au niveau de l’ADN contenu dans le noyau cellulaire. Elle permet d’identifier les gènes qui vont être affectés lors de l’introduction d’une substance et ainsi envisager les modifications encourues par l’organisme, par exemple, des perturbations dans la transmission neuronale ou encore le développement de cancer.

Une subordination au comité d’éthique

Malgré l’existence de ces méthodes substitutives, encore 12 millions d’animaux sont soumis aux expérimentations chaque année en Europe. Pour réduire ce nombre, il convient de renforcer les contrôles. La Commission Européenne entend s’assurer que l’utilisation des animaux est absolument justifiée, ne se fait que lorsque d’autres méthodes ne peuvent pas être mises en œuvre, et dans les meilleures conditions possibles. Toute autorisation devra être subordonnée aux décisions de comités d’éthique. Cette motion existe aux Etats-Unis depuis 1984, et en Europe, qui souffre donc un retard énorme, seuls 16 pays en avaient fait une obligation légale. En France, où une pleine responsabilité est donnée aux chercheurs, un comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale a été créé en 2005.

La réflexion éthique replace les considérations sur la souffrance animale au cœur de la question scientifique. Pour la Commission Européenne, si l’expérimentation ne peut, à ce jour, être totalement supprimée, il convient de garantir que les animaux soient maintenus dans des environnements améliorés et que des protocoles visant à réduire au maximum la douleur soient mis en œuvre
(le troisième R, « affiner les méthodes »). La directive proposée s’applique ici à tous les animaux vertébrés non humains vivants, ainsi qu’à certaines autres espèces susceptibles d’éprouver de la douleur. Chez les invertébrés, cela semblerait être le cas pour les céphalopodes, qui possèdent un système nerveux central. Les calmars et autres poulpes ressentent ainsi peut-être la souffrance et sont, en l’occurrence, légalement protégés au Royaume-Uni. On a encore de sérieux doutes pour les insectes quand on voit qu’une sauterelle peut continuer tranquillement son casse-croûte en même temps qu’une mante religieuse est en train de lui dévorer la moitié du corps.

Source : Univers Nature



12/11/2008
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