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14.08.2008 - Le Consommateur : Les bienfaits de l'exercice physique condensés dans deux molécules

La Rubrique – Le Consommateur :

 

Les bienfaits de l'exercice physique

condensés dans deux molécules

 

 

 

Verra-t-on bientôt dans les pharmacies un nouveau médicament, administrable par voie orale, qui permettra de bénéficier de toutes les vertus métaboliques d'un exercice physique intensif sans avoir à en supporter les contraintes et les souffrances ? Telle est en substance la question soulevée par la publication, jeudi 31 juillet, sur le site Internet de la revue Cell, des spectaculaires résultats obtenus par un groupe de chercheurs américains et sud-coréens dirigé par Ronald M. EVANS (Howard Hugues Medical Institute, La Jolla, Californie).

 

Ils expliquent avoir identifié deux substances qui ont pour effet d'induire la plupart des réactions physiologiques que déclenche l'exercice physique. Au vu d'une série d'expériences menées chez la souris, il apparaît notamment que leur administration permet une augmentation de la consommation cellulaire des graisses et des capacités d'endurance. Les chercheurs ont déjà fait savoir qu'ils avaient, en collaboration avec l'Agence mondiale antidopage, développé un test de dépistage qui pourrait être mis en oeuvre lors des Jeux olympiques de Pékin.

 

« Nous sommes concrètement aux frontières du dopage génétique, explique Michel RIEU, conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage. Ces résultats, à la fois très intéressants et problématiques, sont issus de recherches qui ont été lancées il y a plusieurs années. Ils s'inscrivent dans le vaste champ des recherches visant à agir sur les récepteurs cellulaires et, par leur intermédiaire, sur les gènes impliqués dans la physiologie et le métabolisme des fibres musculaires. Nous savons qu'il est possible d'agir sur la cascade des événements moléculaires à l'origine de ces phénomènes. Il reste à savoir si les chercheurs américains ont trouvé la voie la plus efficace et, si oui, l'usage médical ou non qui pourra en être fait. »

 

 

En 2004, Ronald M. EVANS et ses collaborateurs avaient, par manipulation génétique, créé des modèles expérimentaux de souris capables de réussir le double des performances musculaires des souris normales. Dénommés "souris marathoniennes", ces rongeurs présentaient des modifications notables de la trame de leurs fibres musculaires. Les animaux ne grossissaient pas, même quand ils étaient soumis à une alimentation hypercalorique. De la même manière, leurs différents paramètres biologiques sanguins, en sucres et en lipides, restaient alors dans les limites de la normale.

 

Ces résultats avaient pu être obtenus en modifiant d'emblée l'activité du gène dénommé PPAR-delta, qui joue un rôle-clef dans le métabolisme cellulaire. Restait à savoir si des résultats équivalents pouvaient être obtenus à partir d'une modulation de l'activité de ce gène, grâce à l'administration d'une molécule chez des animaux dont le patrimoine génétique n'avait pas été modifié. Une réponse positive est aujourd'hui fournie avec la mise au point de deux molécules (dénommées Aicar et GW 1516) qui, données à des souris normales, permettent d'obtenir des améliorations équivalentes des performances musculaires et des changements métaboliques.

 

Après administration quotidienne d'Aicar durant un mois, les souris sont capables de se déplacer - dans une cage tournante ou sur tapis roulant - sur des distances de 44 % supérieures à celles de leurs congénères non traitées. Dans d'autres conditions expérimentales, des performances encore plus spectaculaires (allant jusqu'à 68 % d'améliorations) peuvent être obtenues à partir du composé GW 1516.

 

Peut-on déjà postuler, comme le fait le pharmacologue David Mangelsdorf (université du Texas), que l'on dispose de la recette miracle qui permettra de bénéficier des avantages de l'exercice physique sans avoir à le pratiquer ? Où faut-il se ranger à l'avis de Michael Rennie, spécialiste de physiologie à l'université de Nottingham, pour qui « les souris ne sont pas des hommes »? Quelle que soit la réponse, plusieurs multinationales pharmaceutiques ne cachent plus le vif intérêt qu'elles portent à ces travaux.

Source : Le Monde



14/08/2008
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