Almadina Concept

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25.03.2009 - La Hauteur infernale des Tours : Le mal des salariés

Le Développement Durable :

 

La hauteur infernale des Tours :

Le mal des salariés
dans les tours

 

Selon Elisabeth PELEGRIN-GENEL, architecte et psychologue, les personnels travaillant dans des tours pourraient développer des pathologies spécifiques.

«Je pense qu'il existe un seuil au-delà duquel la hauteur n'est plus acceptable», affirme Elisabeth PELEGRIN-GENEL, architecte et psychologue du travail.

Va-t-on vers une ville verticale ? Quelle est la hauteur acceptable pour une tour ? Les postes de direction doivent-ils nécessairement occuper les étages supérieurs ? Comment aménager ses espaces intérieurs ? La conférence « Tours de bureaux, tours infernales » s'emploiera à répondre à ces questions, conviant un agent immobilier, une psychologue du travail, des architectes et des entrepreneurs.

Vous affirmez que l'on ne se pose pas les bonnes questions au sujet des tours. A quoi pensez-vous ?

Une question simple : pourquoi fait-on des tours ? Je me suis aperçue que ce sont presque exclusivement des architectes hommes qui en construisent, preuve de leur caractère phallique. La tour, c'est le symbole du capitalisme, de la mondialisation. Il y a une surenchère entre pays et villes pour ériger les plus hautes. A Dubaï, elles s'élèvent à près de 800 mètres. Les Japonais songent depuis longtemps à en construire certaines qui se dresseraient sur 4 km. Ce serait de véritables villes verticales. On ne se pose pas la question du bien-être des personnels qui sont à l'intérieur. J'ai rencontré plusieurs personnes travaillant dans des tours : très rares étaient celles qui appréciaient leur lieu de travail. Un temps d'adaptation est souvent nécessaire.

Quels sont les problèmes qu'ils soulèvent ?

J'ai compulsé des études menées dans les années 80. Plusieurs sujets d'alors sont devenus obsolètes, comme les temps d'attente aux ascenseurs, les difficultés de climatisation ou le manque de lumière naturelle. Mais des problèmes demeurent, tels que l'entrée principale du bâtiment qui reste souvent unique. Il y a aussi un rapport ambigu à la sécurité : les personnels apprécient que les accès soient contrôlés et, en même temps, ils se sentent surveillés comme des souris dans une souricière. Beaucoup de salariés m'ont aussi parlé de la peur de prendre l'ascenseur. Se pose la question de l'existence de pathologies propres.

Lesquelles ?

Les tours ont un caractère anxiogène lié à la verticalité, l'anonymat de ces grands ensembles, le manque de repères, l'absence de relations avec l'extérieur, l'impossibilité d'ouvrir une fenêtre qui peut générer un sentiment de claustrophobie, etc. Sans compter le fantasme de l'attentat très présent depuis l'attentat du 11 septembre contre les tours jumelles, la peur des incendies, la sensation de vertige… D'ailleurs nombre de salariés disposent des affiches ou du mobilier contre les vitres pour cacher le vide, surtout s'il se trouve à leurs pieds. D'autres éloignent leur bureau de la paroi vitrée.

Pourtant, lorsqu'il s'agit d'acheter un appartement, les acquéreurs recherchent des étages élevés

Vous n'habitez pas au 50e étage ! Je pense qu'il existe un seuil au-delà duquel la hauteur n'est plus acceptable. Et ce seuil n'est pas le même selon le pays ou la ville. A New York où l'espace est contraint, il y a une acceptation qui est culturelle. La densité des tours les rend aussi bien tolérées. En France, nous n'avons pas la même histoire. Nous sommes fâchés avec les grands ensembles en général et avec les tours en particulier.

Source : Le Figaro



25/03/2009
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